Qui sommes nous ?
Pour commencer, l'anonymat est primordiale pour toute la famille. C'est pourquoi tous les prénoms indiqués sont fictifs. Cela n'enlève en rien la sincérité et la véracité de notre histoire.
Nous sommes une petite famille composée de Anna, 28 ans, Christophe 25 ans, notre Naine 3 ans (et demi c'est important) et Le Chat 10 ans. Nous vivons pour l'instant dans un pavillon d'une petite commune. Celui-ci est temporaire le temps de nous trouver les moyens financiers d'obtenir un terrain nu où nous installer. Nous avons pour l'instant suffisamment de terrains pour nous faire la main sur bons nombres de domaines.
Pourquoi ce mode de vie ?
Beaucoup nous demanderont - ou nous demandent déjà - pourquoi faire ce choix ? Beaucoup ne comprennent pas. C’est en effet difficile de comprendre un choix si radical. Voilà depuis mon adolescence que j’ai une conscience écologique qui s’est peu à peu développée en éco-anxiété (comme la majorité des camarades de ma génération). Je n’ai pourtant pas du tout été élevée avec cette culture. Bien au contraire : surconsommation rime avec richesse et réussite. Vers mes 18/20 ans j’ai commencé à regarder dans la direction des communautés autonomes. Mais je ne parvenais tout de même pas à me déconstruire du modèle que j’ai connu dans l’enfance.
Puis j’ai rencontré Christophe, fils et petit-fils d’agriculteur. Son enfance s’est déroulée à la ferme, ses parents produisaient la totalité de leur nourriture. Puis ses parents ont fait un virage à 90 degrés et ont rejoint le monde capitaliste et libéral en vendant la ferme et en rejoignant le salariat. Mon conjoint s’est vite adapté à ce monde tout en regrettant amèrement le choix de ses parents et la vie qu’il menait à la ferme.
Il y avait une énorme différence entre lui et moi dès le départ. Issu d’une famille d’entrepreneurs, il a reçu une éducation financière et culturelle. Quant à moi, issue d’une famille ultra-prolétaire, capitaliste et à certains moments de nos vies, ultra-précaire, je n’ai reçu aucune éducation financière et culturelle. J’ai été curieuse durant toute ma scolarité. Quant aux finances, je commence seulement à parvenir à gérer et faire travailler mon argent. Mais nous avons tous les deux acquis une grande force de travail. En effet, on sait tous que la vie d’agriculteur n’est pas de tout repos. Tandis que dans mon cas, ça a surtout été ma maman qui prenait énormément d’heures de ménage et d’autres petits emplois en plus de son temps plein en grande surface afin de subvenir à tous les besoins de ses enfants sans les priver.
Sans les priver. Le “problème” était bien là. Elle pensait bien faire, je ne la blâme pas. Nous avions tout ce que nous voulions, les vacances, le dernier téléphone sortie, les bonbons et les biscuits en abondance dans les placards, un frigo toujours (trop) plein. Au détriment de l’écologie. J’ai commencé à en avoir conscience à la fac. Encore une fois, je ne lui jette pas la pierre, elle pensait bien faire et se démenait pour nous faire plaisir. Cependant, j’ai maintenant conscience du gâchis alimentaire que c’est et surtout du piège des produits ultra-transformés et des risques pour notre corps. Encore peu de personnes le savent et pensent bien manger en achetant des produits tout faits, y compris ma maman qui croit que je fais tout maison par pur souci économique.
En bref, deux éducations diamétralement différentes qui ont parfois apporté des désaccords dans notre couple. Mais à force de m’éduquer, j’ai fini par me recentrer sur mes idées. L’élément déclencheur a été la naissance de notre nain il y a bientôt 4 ans. Déjà avant elle je m’essayais à la confection de produits ménagers, sans grande réussite malgré toute la bonne volonté du monde. Je connaissais les risques des produits ultra-transformés, en particulier pour les enfants. Je n’ai pas eu la force d’utiliser des couches lavables mais j’étais en couches écologiques. Je l’ai allaitée jusqu’à un peu plus de 2 ans, ma reprise de travail ayant légèrement forcé l’arrêt. Je lui cuisinais tous ses petits pots maison à partir de fruits et de légumes frais. De fil en aiguille, nous avons évolué, j’ai appris, le papa a réappris.
Jusqu’à ce que je commence une vie de working girl. Cuisinière dans un lieu faisant de l’événementiel, j’effectuais environ 60h/semaines. J’ai dû me battre pour être présente à la première rentrée de ma fille, au spectacle de Noël et à son anniversaire. Puis de gros soucis de santé autant pour Christophe que pour le Nain m’ont fait comprendre que je ne pouvais pas tout concilier et surtout que je ne le voulais plus. Que je perdais ma vie à la gagner.
Perdre sa vie à la gagner. Une phrase qui résonne énormément depuis un certain temps dans notre foyer. Tous deux nous avions des emplois sous-payés mais jeunes et ambitieux, nous étions certains de voir des évolutions de salaire. Pour ma part, elle a été proposée à la reprise de la saison, je l’ai refusée pour m’occuper de ma Naine et le papa a été licencié économiquement. Nous nous sommes donc tous retrouvés à la maison.
Ca faisait déjà 3 mois que j’étais à la maison et que je cuisinais tout de A à Z, j’ai lancé mon potager, j’ai pris le temps de repriser nos vêtements au lieu d’en racheter par manque de temps, je me suis perfectionnée dans d’autres domaines. Et il m’a rejoint dans ce train de vie. Il a avancé dans les travaux de la maison, nous avons commencé à travailler en équipe au lieu de simplement nous croiser.
Là, nous nous sommes retrouvés, nous avons revu nos priorités et nous nous sommes retrouvés en tant que couples, partenaires, amants et co-parents. De là est né le projet. Ça a été une évidence, j’étais complètement perdue et je ne cessais de dire que j’adorais mon rôle à la maison. J’ai toujours cru être une working girl, ambitieuse et battante. Au lieu de ça, je n’ai jamais été aussi épanouie que depuis que je suis à la maison, je suis plus calme et plus posée. Quant à mon compagnon, il n’a jamais supporté travailler pour permettre à quelqu’un d’autre de s’enrichir pendant qu’il gagnait un salaire minime par rapport au travail effectué. Il a toujours voulu se lancer à son compte mais se lancer lorsqu’on est en CDI est particulièrement risqué et nous avons toujours été frileux. Mais là nous avons pris son licenciement comme LE moment opportun. Il s’est donc lancé. Le but n’étant pas d’enchaîner les chantiers en ne voyant que l'appât du gain. Mais d’en faire juste assez pour nous permettre de couvrir nos frais - et une réserve bien entendu.
Le droit au temps libre. Celui pour lequel les ouvriers se sont battus durant le XXe siècle et qui décroît de plus en plus. En effet, les foyers, voyant leur pouvoir d’achat diminuer considérablement, prennent des emplois en plus et ont donc moins de temps libre.
Certains jugeraient notre mode de vie comme de l’oisiveté alors que nous ne faisons que réinventer une manière de travailler. Quoique nous ne la réinventons pas. Nous souhaitons nous réapproprier le mode de vie de nos ancêtres en l’adaptant à la société moderne.
C’est pourquoi, je vous conterai nos aventures, nos changements, nos échecs, nos réussites. Parce que c’est un long chemin à parcourir, encore plus avec le réchauffement climatique qui est déjà bien amorcé.
"Je n'ai pas de mots pour décrire le service exceptionnel que j'ai reçu de votre entreprise. Leur équipe s'est surpassée pour répondre à nos besoins et a dépassé nos attentes."
Jean Dupont
"Je n'ai pas de mots pour décrire le service exceptionnel que j'ai reçu de votre entreprise. Leur équipe s'est surpassée pour répondre à nos besoins et a dépassé nos attentes."
Hélène Fournier
"Je n'ai pas de mots pour décrire le service exceptionnel que j'ai reçu de votre entreprise. Leur équipe s'est surpassée pour répondre à nos besoins et a dépassé nos attentes."
Olivier Ferrand
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Olivier Ferrand